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Discours

Intervention sur le point intitulé "Les océans et le droit de la mer" en séance plénière de l'Assemblée générale

4 décembre 2009

Intervention de: S.E.Mme Isabelle Picco, Ambassadeur, Représentant permanent

Monsieur le Président,

Nous avons probablement atteint le potentiel maximal des pêches de capture dans les océans de la planète. En 2007, près de 28% des stocks étaient surexploités, épuisés ou en voie de reconstitution.

Les espèces migratoires, les baleines et les autres cétacés restent vulnérables à la pollution chimique, les collisions avec les navires, l'exploitation, la pollution sonore, les prises accessoires, l'ingestion de déchets marins mais aussi aux effets du changement climatique.

Les écosystèmes marins, dont l'importance en matière de stockage de carbone est confirmée par les résultats des recherches scientifiques subissent ces impacts destructeurs et disparaissent.

L'acidification des océans en raison du changement climatique menace les modes de subsistance de milliards de personnes à travers le monde. En effet, l'acidification provoque l'érosion et remet en cause la stabilité des zones côtières. Son impact économique et social sur les populations, aggravé par les phénomènes climatiques extrêmes, est potentiellement dévastateur.

Si la biodiversité marine demeure insuffisamment connue comme le démontre le fait que, chaque année, plus de mille espèces sont découvertes, les avancées dans le domaine de la recherche confirment le rôle essentiel de la vie marine et de la biodiversité pour la préservation de l'écosystème mondial et la garantie d'un développement socio-économique. Des océans sains sont vecteurs de lutte contre la pauvreté et la faim, garants de la sécurité alimentaire et essentiels à la réalisation de notre objectif commun de développement durable.

Monsieur le Président,

A l'heure où nos Chefs d'Etat et de Gouvernement se préparent à négocier un accord politique critique à Copenhague, il est regrettable que mention n'en soit pas faite au sein de notre résolution omnibus et ce, d'autant plus que l'Assemblée générale s'apprête à consacrer une attention toute particulière à la biodiversité dans le cadre de l'Année internationale en 2010.

Outre les mesures d'adaptation au changement climatique qu'il nous faudra développer en vue de renforcer la résilience des écosystèmes marins, la communauté internationale a un devoir collectif d'agir et de mieux prendre en considération la conservation et la gestion des ressources biologiques marines, conformément aux obligations qui lui incombent au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

L'engagement personnel de Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II s'est traduit d'une part par des actions concrètes en faveur de la protection des écosystèmes fragiles tels les récifs coralliens, habitat de 30% de la biodiversité marine, qui subissent des pressions sans précédent. A cet égard, je tiens à signaler que Monaco accueillera, du 12 au 15 janvier 2010, la Conférence générale de l'International Coral Reef Initiative.

Cet engagement justifie, d'autre part, la démarche de la Principauté de Monaco en faveur d'espèces menacées comme le thon rouge, espèce parmi les plus exploitées au monde. C'est la raison qui a motivé la Principauté de faire inscrire le thon rouge à l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages en danger (CITES), visant à interdire son commerce international et à prévenir l'effondrement des stocks et son extinction.

Le quota de 13 500 tonnes pour la saison de pêche 2010 que vient d'adopter la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT) ne permet pas à notre sens, un taux garanti de reconstitution des stocks de cette espèce surexploitée, notamment en Méditerranée.

En conséquence, nous lançons un appel à tous les Etats qui partagent ce patrimoine mondial et, en particulier, aux Etats Parties de la CITES afin qu'ils assument pleinement leurs responsabilités à défaut de quoi, les industries qui bénéficient du commerce de cette espèce seront amenées à disparaître avec elle. De surcroît, les pêches non reportées et illégales rendent incontournables un recours au contrôle du commerce international. Dans ce contexte, il convient de promouvoir une coopération active entre l'ICCAT et la CITES.

Par ailleurs, Monaco se félicite de la récente adoption du Traité visant à prohiber l'accès des ports de pêche aux navires pratiquant la pêche illégale non déclarée et non règlementée lors de la 36ème session de la Conférence de la FAO, en novembre dernier.

Monaco demeure également très préoccupée par la pratique de la pêche hauturière au grand filet dérivant, en dépit de sa formelle interdiction qui date de nombreuses années ainsi que par l'impact dévastateur de la pêche de fond sur les écosystèmes marins.

Monsieur le Président,

La troisième réunion du Groupe de travail officieux à composition non-limitée chargé d'étudier les questions relatives à la conservation et à l'exploitation durable de la biodiversité marine dans les zones au-delà de la juridiction nationale devra promouvoir des efforts dans les domaines de la recherche, de la coordination, de la gestion des zones marines protégées et des procédures d'évaluation de l'impact sur l'environnement. Ces expériences seront toujours utiles pour consolider la protection et la conservation des zones profondes et pélagiques.

Monsieur le Président,

Au seuil de l'échéance que nous nous somme fixés lors du Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg en faveur de l'application d'une approche écosystèmique et conformément aux obligations qui nous incombent tant aux titres de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer qu'à celui de la Convention sur la diversité biologique, il est crucial de mettre en place des réseaux représentatifs de zones marines protégées afin de préserver leurs richesses écologique et biologique.

Les processus intergouvernementaux régionaux doivent également être renforcés.

Dans cette perspective, il apparaît indispensable de développer à la fois les capacités et les compétences d'évaluation du milieu marin qui s'appuient principalement sur une meilleure connaissance scientifique, en vue de l'établissement du Mécanisme régulier.

Je vous remercie de votre attention.