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Discours

Allocution de S.A.S. le Prince Héréditaire Albert lors du débat général de la 53ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies

Le 24 septembre 1998 à New York

Monsieur le Président,

La Principauté de Monaco se réjouit, tout particulièrement, de vous voir assumer les plus hautes fonctions et responsabilités de cette 53ème session de Notre Assemblée générale. Votre élection par acclamation témoigne de la confiance que la Communauté internationale place dans vos qualités personnelles et dans votre expérience. Elle est aussi la manifestation de l'estime que les États membres portent à votre pays, l'Uruguay.

Je tiens à associer l'ensemble des membres du Bureau que Nous venons d'élire aux cordiales félicitations que Je vous adresse et aux voeux de succès que Je forme à votre intention.

Il m'est particulièrement agréable également de rendre un hommage vif et sincère à Son Excellence Monsieur Hennadiy Udovenko, qui a présidé, avec talent et efficacité, la 52ème session de l'Assemblée générale.

Monsieur le Président,

La géographie dicte souvent le destin d'une nation. Cela est particulièrement vrai pour la Principauté de Monaco dont la vie et le développement dépendent depuis des siècles de la mer. Aussi Mon Pays a-t-il toujours attaché à toutes les questions qui la concerne une extrême importance. Ce dernier accueille notamment plusieurs institutions internationales consacrées à l'environnement marin.

En cette année internationale des Océans, il Me paraît juste de rappeler que la Principauté célèbre aussi le 150ème anniversaire de la naissance du Prince Albert Ier de Monaco, un des fondateurs de l'océanographie, auquel notre pays doit une grande part de son rayonnement.

Mon illustre aïeul, né en 1848, a en effet consacré une part importante de Sa vie à l'étude scientifique des océans. Marin accompli et passionné, Il fit oeuvre de pionnier durant les trente années de campagnes scientifiques qui Le menèrent des Açores jusqu'au Spitzberg.

Le Prince Albert Ier créa, à Monaco, en 1910, le Musée océanographique afin de faire connaître les enseignements tirés de Ses expéditions maritimes, la beauté et la richesse du milieu marin. Il avait, auparavant, en 1906, fondé à Paris, l'Institut océanographique qu'Il avait voué, dans cet esprit, à l'enseignement et à la recherche.

Il fut également un précurseur de l'océanologie, dans la mesure où certains de Ses travaux ou de Ses intuitions, conduisirent à des découvertes médicales de tout premier plan telles l'anaphylaxie ou encore l'action anti-bactérienne. En développant des recherches sur ce qu'Il appelait la météorologie de la haute atmosphère océanienne, Il a ouvert la voie à l'étude des échanges océan - atmosphère et de leur influence sur le climat.

A son exemple, nous nous devons d'encourager les études climatologiques afin de prévenir, autant que faire se peut, des inondations aussi dramatiques que celles, dont nous déplorons les trop nombreuses victimes, qui sévissent aujourd'hui au Bangladesh, en Chine et dans la région du Chiapas au Mexique, sans oublier l'ouragan Georges qui frappe actuellement, avec tant de brutalité, les Caraïbes.

Répondant au voeu du IXème Congrès international de l'océanographie, le Prince Albert Ier réunit, le 30 mars 1910, une commission spéciale chargée de proposer un programme d'exploration scientifique de la mer Méditerranée. En raison de la Première Guerre mondiale, la Conférence générale constitutive ne se tiendra qu'en 1919 à Madrid. En présence des représentants de huit États riverains de la Méditerranée, seront alors fixés le programme et les méthodes de travail de la Commission internationale pour l'exploration scientifique de la Méditerranée.

Cette institution, unique par sa nature et sa vocation, poursuit, de nos jours encore, ses riches activités. Elle rassemble des responsables politiques et des personnalités scientifiques de très haut niveau. En juin dernier, s'est déroulé en Croatie, son 35ème Congrès. Le Prince Rainier III, Mon Père, qui en assume actuellement la Présidence, a saisi cette occasion pour renouveler à la Communauté scientifique sa confiance en l'encourageant à ne pas sous-estimer l'influence qu'elle peut avoir sur les décisions d'ordre politique notamment en matière maritime.

C'est dans cet esprit que Nous attachons un intérêt particulier aux travaux menés, sous l'autorité de l'ancien Président portugais Mario Soares, par la Commission indépendante sur les océans. Nous espérons que ses conclusions essentielles à la conservation durable du patrimoine marin bénéficieront de toute l'attention qu'elles méritent.

Inspirés par l'oeuvre scientifique du Prince Albert Ier, le Prince Rainier III, Mon Père et Son Gouvernement ont, ces dernières années, poursuivi et renforcé cette politique visionnaire.

Le Centre scientifique, fondé en 1960, et l'accord RAMOGE, passé avec la France et l'Italie, en vue de prévenir les pollutions de toutes natures, nombreuses en mer ligure, en portent témoignage.

La Principauté s'est, en outre, dotée, le 27 mars dernier, d'un Code rassemblant dans un corps législatif unique toutes les dispositions relatives au droit de la mer en les rendant conformes aux impératifs juridiques et techniques du monde maritime contemporain au premier rang desquelles figurent celles de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer ainsi que celles des autres instruments internationaux pertinents auxquels Monaco est partie.

Nous sommes également très impliqués dans l'action menée par la Commission baleinière internationale. Nos efforts ont récemment permis de fixer à 40 degrés sud la limite du nouveau Sanctuaire austral destiné à assurer la protection des zones de nutrition et de reproduction de 90% des grandes baleines. Les Gouvernements concernés par cette décision se sont engagés à limiter le nombre des permis de chasse dits "scientifiques" en vue de protéger effectivement ce sanctuaire.

Je voudrais, en outre, attirer l'attention de l'Assemblée générale sur les nouvelles menaces que font peser sur l'environnement marin les nouveaux produits chimiques de synthèse, tels les dioxines et certains pesticides qui affectent le développement neurologique et cérébral de nombreuses espèces. Ces produits trouvés aujourd'hui en grande quantité dans la chair des poissons et autres vertébrés marins de l'hémisphère nord menacent, à brève échéance, non seulement les grands équilibres de la biodiversité marine mais aussi la santé de l'espèce humaine. Je pense notamment aux baleines bélugas qui figurent désormais parmi les animaux les plus intoxiqués de notre planète.

L'importante contribution du Prince Albert Ier aux progrès de l'océanographie, ne doit pas faire oublier que Ses recherches se sont également développées dans d'autres domaines de la connaissance tel que l'étude de la préhistoire. Elles ont permis, grâce aux découvertes faites dans des cavernes du littoral, d'identifier l'un des chaînons de l'évolution humaine qui allait contribuer à établir la preuve scientifique de l'unicité d'origine de l'espèce humaine.

Ces fossiles, avec les autres objets archéologiques recueillis dans les cavernes de la région, sont conservés au Musée d'anthropologie préhistorique qu'Il créa, en 1902, à Monaco.

De même qu'Il avait fondé à Paris l'Institut océanographique pour promouvoir les sciences de la mer, le Prince Albert Ier dota la capitale française d'un Institut de paléontologie humaine, où, depuis 1910, des cours sont dispensés et des recherches interdisciplinaires menées sur la géologie, la paléontologie préhistorique et l'ethnographie.

Comme de nombreux savants, Il ne limita pas Ses activités à la recherche. Il ressentit le profond besoin de la communication, de l'enseignement, de la vulgarisation. Il donna des conférences en Italie, en Belgique, en Espagne et en Autriche. Il inaugura des congrès à Paris, à Bordeaux, à Washington. On pouvait aussi le rencontrer, dans la périphérie de la capitale française, dispensant des cours du soir aux travailleurs inscrits à l'"Université populaire de Paris".

Le Prince Albert Ier avait probablement pressenti l'immense élan qui allait réunir, au seuil des années soixante, des hommes et des femmes de toutes disciplines et une large part des populations en faveur de l'écologie, c'est-à-dire du respect de la nature, de ses équilibres et de l'interdépendance des êtres vivants qui l'animent. Il avait perçu, au début de ce siècle, certains des fondements d'une écologie à la fois scientifique et populaire qu'Il s'efforça Lui-même de mettre en pratique.

C'est ainsi que Son temple de la mer, le Musée océanographique, fut, à Son initiative, entouré de superbes jardins constitués d'essences méditerranéennes originales et variées.

Également passionné de botanique, Il accrocha à la roche aride monégasque un jardin exotique ouvert au public dans lequel sont conservées, avec beaucoup de soin, des plantes succulentes dont certaines très rares sont aujourd'hui en voie de disparition.

Mon Aïeul fut, en quelque sorte, un précurseur de la défense de la biodiversité.

Monsieur le Président,

Profondément épris de justice et ardent défenseur de l'amitié universelle, le Prince Albert Ier créa, également à Monaco, en 1903, l'"Institut international de la paix". Il y réunit des juristes, des économistes, des philosophes, des hommes de science auxquels Il confia la mission d'examiner "les moyens de résoudre les différends entre nations, de propager l'attachement à des méthodes d'heureuse entente, d'extirper la haine du coeur des peuples". Quarante-deux ans plus tard, ces mots résonneront comme un écho dans le préambule de la Charte des Nations Unies adoptée à San Francisco.

L'Académie de la paix et de la sécurité internationale, qui se réunit régulièrement à Monaco, tend à perpétuer, à l'initiative de Mon Père, le Prince Souverain, la volonté du Prince Albert Ier de promouvoir les recherches sur la paix et sur les causes des conflits ainsi que la polémologie.

Sa trentième session que J'ai eu la satisfaction d'ouvrir, le 19 mars dernier, a consacré ses travaux au thème de la mondialisation et la sécurité internationale. Ses débats ont été animés par de très hautes personnalités du monde de la diplomatie, de la défense et des affaires et par des représentants de grandes organisations internationales. Ses recommandations et conclusions traitent pour l'essentiel des risques de tensions et de conflits que la mondialisation de l'économie porte en germes et des moyens les mieux appropriés pour les maîtriser.

Monsieur le Président,

Son intérêt pour l'Humanité exprimé par Ses recherches sur l'homme primitif et son milieu, Son engagement en faveur des connaissances scientifiques et de leur diffusion, Son rejet de la violence, Son combat inlassable pour la paix et le respect de la nature sont autant de messages, très contemporains, que le Prince Albert Ier Nous lègue.

Rencontre d'une histoire avec l'histoire, son legs aux multiples dimensions a traversé le temps. Il a influencé l'esprit des monégasques, générations après générations, pour en faire un peuple accueillant, pacifique et respectueux de son environnement.

Enrichi et adapté à l'évolution du monde et au progrès par Ses successeurs, principalement par le Prince Rainier III, Mon Père, cet héritage se retrouve au coeur des missions essentielles que Nous avons confiées à l'ONU.

Mon pays, à sa modeste échelle, est plus que jamais disposé à mettre son expérience héritée de son laborieux passé, au service de la compréhension et du rapprochement entre les peuples.

Monsieur le Président,

La défense des droits de l'homme et le respect de la dignité humaine inscrits en lettres d'or dans la Charte des Nations Unies inspirèrent, sans aucun doute, le Prince Albert Ier lorsqu'Il s'engagea personnellement en faveur de la réhabilitation du Capitaine Dreyfus et lorsqu'Il décida d'accorder pour la première fois à Ses sujets, en 1911, des droits politiques constitutionnels.

Ces droits fondamentaux de l'homme, la communauté internationale les commémore aujourd'hui. Il s'agit d'un grand événement. Il y a 50 ans, en effet, le 10 décembre 1948, Notre Assemblée générale lors de sa 3ème session, tenue à Paris au Palais de Chaillot, adoptait la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'un de ses principaux inspirateurs, le Professeur français René Cassin, reçut d'ailleurs, à ce titre, en 1968, 20 ans après cette proclamation solennelle, le Prix Nobel de la Paix.

Cette commémoration devrait être l'occasion d'un examen de conscience collectif. Quel bilan peut-on tirer de la mise en oeuvre des droits de l'homme au plan international et surtout des initiatives prises pour la réalisation du droit au développement officiellement reconnu, en 1993, par la communauté internationale à l'occasion de la Conférence mondiale de Vienne sur les droits de l'homme ?

La forte compétition économique actuelle qui aggrave les déséquilibres macro-économiques n'est pas sans conséquence sur leur réalisation. Si le respect des droits civils et politiques semble moins atteint, les droits économiques sociaux et culturels qui sont le substrat du droit au développement ne connaissent que de rares et modestes avancées quand ils ne subissent pas de graves régressions.

La crise financière que nous connaissons prive des millions d'hommes et de femmes de leurs droits fondamentaux quand elle ne brise pas définitivement leur vie. Elle entraîne, au niveau mondial, une baisse globale de l'espérance de vie, un accroissement de la mortalité infantile et maternelle, un taux de chômage élevé, une insécurité croissante, des migrations non maîtrisées, une dégradation grave de la protection sociale assortie d'une baisse constante des revenus de populations actives.

Le dialogue de haut niveau sur le thème des répercussions économiques et sociales de la mondialisation et de l'interdépendance et de leurs incidences politiques qui vient de se dérouler dans cette enceinte, les 17 et 18 septembre dernier, l'a clairement souligné.

Or, les droits de l'homme sont indissociables. Ils doivent universellement bénéficier à tous. Comme l'Assemblée générale l'a proclamé, le 10 décembre 1948, ils sont un idéal commun à atteindre par toutes les nations. Les plus hautes Autorités de Mon pays, comme l'ensemble du peuple monégasque en sont profondément convaincus.

Une réflexion s'impose. Elle peut s'avérer longue car la question est délicate et très complexe. Le Gouvernement Princier est parfaitement conscient que dans cette attente des mesures urgentes et concrètes doivent être encouragées tant au niveau national que mondial.

Le Haut Commissaire aux droits de l'homme, Madame Mary Robinson, a notre soutien total et toute notre confiance. Nous savons combien sa tâche est difficile et combien ses moyens sont dérisoires face aux réalités.

La Principauté de Monaco attache également la plus grande importance à l'action inlassable et courageuse menée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, lequel, il Me plaît de le rappeler, a reçu, il y a bientôt 45 ans, en 1954, le prix Nobel de la paix. Madame Sadako Ogata et ses collaborateurs méritent notre appui et toute notre estime.

L'action humanitaire des Nations Unies, plus que jamais indispensable, ainsi que ses efforts pour éliminer les mines terrestres antipersonnel et les drames humains qu'elles engendrent méritent également nos plus vifs encouragements.

Je voudrais souligner, à cette occasion, l'extrême intérêt que Mon Père, Le Prince Souverain, et Moi-même, Président de la Croix Rouge monégasque, institution qui fête cette année ses cinquante ans, portons au respect et à l'application stricte de la Convention de Genève du 12 août 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre. En dépit des efforts incessants du Comité international de la Croix Rouge et de ceux du Croissant Rouge ainsi que de nombreuses autres organisations humanitaires dont le Je tiens à saluer, ici, l'abnégation et le courage des membres, Nous constatons, une recrudescence de graves atteintes à ce texte de même qu'aux droits fondamentaux des populations les plus vulnérables, y compris, les enfants.

En juin dernier, le Conseil de sécurité s'est déclaré, à juste titre, fort préoccupé par les lourdes conséquences que les conflits armés entraînent à l'encontre de ces derniers. Il a condamné énergiquement, sans aucune équivoque, les abus dont ils sont victimes et notamment les humiliations, les sévices, les violences sexuelles, les enlèvements et déplacements ainsi que leur recrutement et leur utilisation dans les combats, en violation du droit international en vigueur.

Les Autorités monégasques partagent, sans réserve, cette position et sont prêtes à apporter un concours actif, à la mesure de leurs moyens, au Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés afin qu'il soit en mesure de remplir sa noble mission.

Monsieur le Président,

Le sort des enfants peut malheureusement être tout aussi dramatique en dehors des conflits armés. A la suite du Congrès mondial de Stockholm contre leur exploitation sexuelle à des fins commerciales, en août 1996, le Gouvernement monégasque, comme Je l'avais annoncé devant la 51ème session de Notre Assemblée générale, s'est employé à procéder à une réforme de sa législation pénale pour la rendre conforme aux engagements pris.

En application de l'article 34 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant dont Monaco est partie, les nouvelles dispositions législatives monégasques visent, dans le cadre d'une compétence élargie, quasi universelle, à instaurer le délit d'exploitation sexuelle d'enfants pour la satisfaction des vices d'autrui dans son acception la plus étendue.

La création, en juillet dernier, à Rome, d'une Cour pénale internationale permanente suscite un grand espoir. Il s'agit d'un progrès considérable, d'une mutation profonde de l'ordre international, favorable au respect des principes essentiels du droit humanitaire. Ses statuts, adoptés à une très large majorité ouvrent la voie à la poursuite des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité les plus odieux, dont ceux, bien entendu qui touchent les enfants, mais aussi les femmes et les personnes âgées sans défense. La Principauté de Monaco qui a participé à la Conférence diplomatique de Rome, se félicite de cette décision historique.

Le Gouvernement Princier apprécie que des questions aussi lourdes de conséquences que la définition des crimes, le principe de complémentarité, l'étendue des compétences, l'indépendance du procureur et les relations avec les organes des Nations Unies aient pu trouver des solutions satisfaisantes.

C'est également une grande satisfaction que Je voudrais exprimer, au nom de Mon pays, à l'égard de l'action menée, ces derniers mois, par le Secrétaire général. Les rapports qu'il Nous présente font état de progrès certains dans de nombreux domaines y compris celui de la gestion administrative et financière et celui de la restructuration du Secrétariat. De remarquables avancées ont été permises grâce à la confiante et étroite collaboration qu'Il a su établir avec les Représentants des États membres ainsi qu'avec les responsables des instances internationales, universelles ou régionales, les plus influentes.

Ses initiatives diplomatiques, menées avec beaucoup de sagesse, de patience et de détermination, ont été souvent couronnées de succès en dépit des obstacles et des difficultés rencontrées. Nous Nous en réjouissons tout particulièrement car elles ont, dans certains cas, permis la prévention ou la stabilisation de conflits qui auraient pu être extrêmement dévastateurs.

Le rapport du Secrétaire général sur les causes des conflits et la promotion d'une paix et d'un développement durables en Afrique a retenu toute Notre attention par sa qualité et sa perspicacité. Il y a là une source précieuse d'inspiration et de méthodes pour apaiser l'Afrique.

Je ne peux manquer de rappeler, dans cet ordre d'idée, que Nous célébrons, cette année, le Cinquantième anniversaire des opérations de maintien de la paix. C'est, en effet, en 1948, que fut établie la première mission d'observation des Nations Unies. Je voudrais saisir cette occasion pour rendre hommage à tous les hommes et à toutes les femmes qui ont servi sous le drapeau des Nations Unies et saluer la mémoire de ceux d'entre eux qui, à ce titre, on fait le sacrifice de leur vie. Le Secrétaire général Dag Hammarskjöld fut de leur nombre et récemment encore à Kaboul, un Lieutenant Colonel italien a été tué et un Conseiller militaire français blessé. La Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé adoptée lors de Notre 49ème session, se justifie plus que jamais. Il y a dix ans, le 10 décembre 1988, les forces de maintien de la paix des Nations Unies recevaient le prix Nobel de la paix. Cette haute distinction mérite, à mon sens, d'être rappelée à l'occasion de cet anniversaire.

Je tiens également à vous faire part, Monsieur le Président, de la vive émotion ressentie en Principauté lors de l'accident du vol Swissair 111. Mes pensées les plus tristes vont aux victimes de cet accident dont certaines appartiennent à la grande famille des Nations Unies. Nous partageons la douleur et l'affliction de leurs proches.

Monsieur le Président,

L'Afrique et l'Europe ont récemment connu une série tragique d'attentats terroristes qui a fait des centaines de victimes, femmes, enfants, personnes âgées, souvent de passage par hasard sur les lieux. Elle a entraîné une escalade inéluctable de l'emploi de la force et un risque accru de conflits.

Les Autorités et la population monégasques ont été très sensibles à ces événements douloureux. Ils tiennent, par Ma voix, à renouveler aux Gouvernements concernés et aux familles des victimes l'expression de leur solidarité et de leur très vive sympathie.

Le Conseil de sécurité, le 13 août dernier, a condamné fermement les actes de terrorisme qu'il a qualifié d'odieux. Il a rappelé sa Déclaration du 31 janvier 1992 proclamée à la suite de sa Réunion de haut niveau des Chefs d'État et de Gouvernement.

La Principauté de Monaco adhère, sans réserve, à cette position. Elle est parfaitement consciente que le terrorisme met en danger non seulement la sécurité des États et de leurs habitants mais également la coopération et la paix internationales.

Mon pays est plus que jamais convaincu de la nécessité de renforcer la collaboration internationale en vue de lutter encore plus efficacement contre ce fléau qui représente une grave et dramatique régression dans les relations entre les hommes, les Nations et les peuples. Il fait totalement siennes les dispositions de la résolution 52/165 adoptée par Notre Assemblée générale le 15 décembre 1998 ainsi que les mesures visant à éliminer le terrorisme international qu'elle préconise. Le Gouvernement Princier examine actuellement la possibilité l'adhérer à la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l'explosif que Nous avons adoptée, l'an dernier, sans vote, et qui est actuellement ouverte à la signature. Il exprime l'espoir que les négociations en cours en vue d'élaborer un projet de Convention pour la répression des actes de terrorisme nucléaire aboutissent rapidement.

En conclusion, Je forme le voeu que les travaux de cette 53ème session de Notre Assemblée générale soient couronnés de succès et que l'action de l'Organisation s'en trouve renforcée dans des domaines aussi essentiels que la sécurité internationale, le désarmement, le développement durable et la protection de l'environnement.

Je vous remercie, Monsieur le Président.