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Discours

Allocution de S.A.S. le Prince Héréditaire Albert lors du débat général de la 49ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies

Le 30 septembre 1994 à New York

Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d'abord vous adresser, Monsieur le Président, mes sincères félicitations à l'occasion de votre élection à la Présidence de la 49ème session de l'Assemblée générale, félicitations auxquelles j'associe les membres du Bureau nouvellement élus.

Vos éminentes qualités tant personnelles que professionnelles assureront, j'en suis persuadé, le bon déroulement de nos travaux.

Je saisis également cette occasion pour rendre hommage à votre prédécesseur à cette tribune, Son Excellence Monsieur Samuel Insanally, qui a su, dans des circonstances souvent difficiles, conduire son mandat avec maîtrise et efficacité.

L'occasion qu'il Nous a, par exemple, offerte d'exprimer librement nos vues et nos idées sur un certain nombre de problèmes majeurs de Notre temps, comme celui du développement, représente une initiative marquante qui inspirera certainement et heureusement la suite de nos réflexions et de nos travaux sur la question.

Je me tourne maintenant vers Notre Secrétaire général, Monsieur Boutros Boutros Ghali, pour le remercier chaleureusement des efforts qu'il a accomplis pour assumer les missions combien complexes et délicates, qui lui furent confiées par Notre Assemblée générale et le Conseil de sécurité au cours des derniers mois.

Ces efforts ont été d'autant plus méritoires que l'état du monde, à bien des égards, ne cesse de se détériorer. A la naissance ou à la renaissance de certains conflits, sont venus s'ajouter l'aggravation ou l'élargissement de certains autres, parfois anciens mais non moins virulents. La brutalité et la violence, y compris de nature inter-ethnique, ont trop souvent déferlé sans que de réels moyens existent ou soient disponibles pour remédier rapidement aux conséquences et aux maux qui en découlent.

Si Nous avons pu Nous réjouir de certaines évolutions heureuses et encourageantes en Afrique du Sud dont Nous saluons le retour à la vie démocratique, ou au Moyen Orient, de nombreux conflits latents demeurent, d'autres ont éclaté ou sont sur le point de le faire. Des peuples entiers sont encore et toujours sous le joug de la dictature.

La barbarie et les souffrances qu'elle entraîne sont d'autant plus vives et douloureuses que les méthodes tortionnaires ont progressé au rythme des avancées scientifiques et techniques.

Les crimes de l'extrême civilisation rejoignent les crimes de l'extrême barbarie. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, les êtres les plus faibles et les plus vulnérables, demeurent plus que jamais menacés et meurtris.

Lorsque la paix s'effondre, d'autant plus brutalement qu'elle était fragile, la guerre devient rapidement totale et les populations civiles, notamment les plus démunies, sont rarement épargnées.

Il ne reste plus alors à la Communauté internationale, émue et bouleversée, qu'à se tourner, en désespoir de cause, vers l'action humanitaire. La Bosnie Herzégovine, le Rwanda en sont les exemples les plus révélateurs.

Cette action humanitaire s'inscrit, la plupart du temps, dans le contexte de situations dramatiques et de circonstances politiques complexes qui nuisent à sa mise en place et rendent, malgré la hâte et les efforts déployés, ses résultats aléatoires.

Ayant à l'esprit les décisions prises par le Conseil de sécurité en Bosnie Herzégovine pour la protection des populations civiles, et, s'inspirant de l'initiative courageuse et généreuse prise récemment par la France au Rwanda avec l'appui africain et celui des Nations Unies, la Communauté internationale pour répondre à ce défi qui pourrait à nouveau se poser ne devrait-elle pas se doter d'un instrument conventionnel?

Grâce à cet instrument les Etats parties s'engageraient, par avance, à autoriser en cas de conflits l'établissement de zones de protection et de sécurité réservées aux enfants, aux femmes et aux personnes âgées sans moyens de défense. Ces zones devraient, bien entendu, être bien délimitées avec l'accord du ou des Etats concernés.

Des voies spéciales d'accès à celles-ci - aéroports, routes, et chemins de fer neutralisés - devraient être prévues dans ce traité afin de permettre l'acheminement de l'assistance humanitaire.

La protection de ces zones et leur fonctionnement devraient être assurés par des agents non armés, de préférence volontaires, placés sous l'égide et la responsabilité de l'ONU, porteurs de signes distinctifs, par exemple, de casques blancs comme cela a déjà été évoqué.

La Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 août 1949, qui prévoit déjà des zones et localités sanitaires et de sécurité, sans les rendre toutefois obligatoires, pourrait largement inspirer et contribuer à nos réflexions à cet égard.

La protection des éléments les plus vulnérables de la population non belligérante - enfants, femmes, personnes âgées - ne mérite-t-elle pas un véritable engagement international?

Il serait particulièrement important et symbolique qu'à l'occasion de son cinquantième anniversaire, après examen d'une étude d'opportunité élaborée par le Secrétaire général, Notre Organisation décide de se doter d'un instrument ouvert à la signature de tous les Etats prévoyant l'établissement de zones humanitaires en période de conflits.

Ainsi, le Haut Commissariat pour les réfugiés, l'UNICEF, les institutions caritatives internationales telles que le Comité International de la Croix Rouge, ou certaines organisations non gouvernementales reconnues pour leur action humanitaire, pourraient être mieux en mesure d'apporter rapidement, protection, secours et assistance aux populations civiles frappées par des conflits meurtriers et le déni de leurs droits les plus élémentaires.

S'il est plus que jamais important que Notre Organisation se dote de moyens efficaces pour protéger les populations civiles innocentes, il ne faudrait pas négliger, pour autant, les générations futures. En puisant démesurément dans les ressources naturelles de Notre planète, en détériorant, souvent par simple négligence Notre environnement, Nous compromettons l'avenir et le bonheur de nos enfants.

La Principauté de Monaco en est pleinement consciente et s'efforce d'apporter un concours à la mesure de ses moyens à la protection de l'environnement, ainsi qu'à la lutte contre la pollution des océans et des mers.

En raison de sa vocation maritime, Monaco a mis principalement et traditionnellement l'accent sur la protection des ressources et de l'environnement marins. De nombreuses initiatives ont été prises, en ce sens, au niveau local, régional et même international.

La Principauté est toujours disposée à accroître ses efforts et à renforcer la coopération internationale dans ces domaines.

Une collaboration avec l'Organisation des Nations Unies existe d'ailleurs, à ce titre, depuis 1961. A la suite d'un accord conclu entre l'Agence Internationale à l'Energie Atomique et le Gouvernement monégasque, un laboratoire international de radio-activité marine fonctionne en Principauté.

Ce laboratoire a acquis une expérience importante et intéressante dans le domaine de la mesure des taux de radioactivité des mers et des océans. Avec le concours du Programme des Nations Unies pour l'environnement il a développé, à l'échelle mondiale, différentes formes de surveillance du milieu marin.

Proclamer 1998 "Année internationale des océans et des mers", comme le propose le Conseil économique et social offrirait, j'en suis persuadé, l'occasion de renforcer cette collaboration internationale et d'établir un nouveau bilan propre au milieu marin après celui de Rio de Janeiro, dressé en 1992 à l'occasion du Sommet de la terre.

Dans cet esprit, Notre intérêt s'est vivement porté sur certaines conclusions de la Quatrième Conférence des Nations Unies sur les stocks de poissons dont les déplacements s'effectuent tant à l'intérieur qu'au-delà des zones économiques exclusives et les stocks de poissons grands migrateurs, tenue ici même, en août dernier.

Le cri d'alarme lancé, à la suite notamment du rapport élaboré par la FAO, à propos de la surexploitation des mers et des océans, ne peut laisser insensible.

L'utilisation parcimonieuse des ressources halieutiques si précieuses et le renforcement de la lutte contre la pollution marine devraient continuer à faire l'objet de la plus vive et de la plus attentive préoccupation de la part de Notre Organisation.

L'Accord récemment adopté à propos de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, dont Nous saluons ici l'heureux aboutissement, sont la preuve qu'avec de la bonne volonté, la communauté internationale peut trouver des formules convenables qui ménagent les intérêts de chacun tout en préservant l'intérêt général.

Seule, en effet, une coopération mondiale peut permettre de résoudre les graves problèmes liés à la sauvegarde de Notre environnement et, par conséquent, répondre aux défis immenses auxquels Nous sommes et Nous serons, de plus en plus, confrontés.

En pensant aux générations futures, Je ne peux m'empêcher de faire allusion à l'avenir de Notre Organisation qui, l'an prochain, événement majeur, fêtera son cinquantième anniversaire.

Les importantes conférences mondiales, que ce soit celle sur la population et le développement qui vient de se terminer au Caire, celle sur le développement social prévue à Copenhague en mars prochain, ou encore, la Quatrième conférence mondiale sur les femmes qui se tiendra, en septembre 1995, à Pékin, sont et seront l'occasion d'enrichir nos réflexions et nos moyens d'intervention dans des domaines essentiels pour l'avenir.

Les travaux engagés en vue d'améliorer le fonctionnement de l'Organisation et de ses structures sont encourageants. Le Gouvernement Princier les suit avec intérêt.

Monsieur le Président,

Je ne saurais terminer cette intervention sans remercier les membres du Conseil de sécurité et les Etats qui ont contribué aux opérations de maintien de la paix et sans souligner combien la Principauté apprécie à sa juste valeur les sacrifices réalisés. Des hommes et des femmes mis au service de l'Organisation ont perdu leur vie. Nous Nous inclinons et rendons hommage à leur mémoire.

Nous devons veiller, c'est une responsabilité fondamentale, à une meilleure protection de ces "soldats" de la paix en pensant également à leurs épouses, à leurs enfants, et à leurs familles.

Notre action est et doit rester en premier lieu au service de l'homme, du soulagement de ses souffrances et de ses malheurs.

Ne faudrait-il pas enfin, comme l'écrivait André Breton, "que l'homme passe, avec armes et bagages, du côté de l'homme."

Je tiens à souhaiter, au terme de Mon allocution, très vivement et très sincèrement, le succès des travaux de cette 49ème session de l'Assemblée générale.

Je forme l'espoir que grâce à la bonne volonté de tous, à la compréhension mutuelle, Nous soyons en mesure d'apporter des solutions pratiques et efficaces, en conformité avec l'esprit et la lettre de la Charte des Nations Unies, aux questions essentielles qui sont soumises à Notre examen.

Je vous remercie Monsieur le Président.