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Discours

Allocution de S.E.M. Patrick Leclercq, Ministre d'Etat de la Principauté de Monaco, lors du débat général de la 55ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies

12 septembre 2000

Monsieur le Président,

Permettez-moi d'abord de vous féliciter très vivement pour votre élection à la présidence de cette 55ème session de l'Assemblée Générale et d'exprimer la conviction que nos travaux seront conduits, sous votre autorité, avec la même hauteur de vues et extrême compétence dont vient de témoigner la Présidente de votre pays, Mme Tarja HALONEN, dans sa coprésidence du Sommet du Millénaire, aux côtés du Président de la Namibie, M. Sam NUJOMA.

Mes félicitations et mes remerciements vont aussi au Secrétaire Général qui ne cesse d'imprégner l'Organisation mondiale et tout le personnel international qu'il dirige des vertus de rigueur, de modération et d'intégrité dont il offre l'illustration au service des grands idéaux auxquels celle-ci s'identifie.

Ce sont ces mêmes idéaux que les Chefs d'Etat et de Gouvernement viennent de réaffirmer, ainsi que leur confiance dans la capacité des Nations Unies à en assurer la promotion et le respect pour autant que la communauté internationale apporte à celles-ci, par un engagement renouvelé, son nécessaire soutien.

Pour un petit Etat tel que Monaco, rien n'est plus important que ce rappel des principes qui doivent guider les relations entre Etats souverains dans un esprit d'égale dignité. Il ne s'agit pas de méconnaître les différences profondes qui peuvent exister entre les Etats sur le plan de leurs caractéristiques objectives comme sur celui de leur rayonnement ou de leur poids dans les affaires du monde. Mais il est bon que soit ainsi réaffirmé que chacun, aussi petit soit-il, a droit au respect et que tous se trouvent liés par les mêmes règles dans leurs comportements internationaux.

Permettez-moi, avant d'en venir aux thèmes qui retiendront l'attention au cours de la présente session et auxquels Monaco porte un intérêt traditionnel, d'évoquer un sujet qui, à l'expérience, apparaît encore assez mal connu au noms dans ses réalités actuelles et qui n'est rien moins que la Principauté de Monaco elle-même.

C'est que, si sa notoriété extérieure paraît suffisamment établie puisque son nom suscite à travers le monde un large écho, elle est trop souvent l'objet dune vision pour le moins partielle, sinon partiale, la Principauté actuelle ne se ramenant pas, il s'en faut, à quelques clichés non sans séduction mail tout imprégnés de relents archaïques.

C'est ainsi qu'on s'imagine encore volontiers que le Casino est la source principale des revenus de l'Etat ; or, la redevance versée par la Société des Bains de Mer qui le gère ne représente que 4% des recettes publiques, tout le reste de celles-ci étant le produit de l'impôt et, plus accessoirement, des revenus des biens publics. La vérité aujourd'hui est que la structure du budget monégasque, pour les recettes, ne se différencie guère globalement de celle de n'importe quel autre pays. Quant aux dépenses, la plupart nous envierait puisque nous pouvons consacrer chaque année à l'investissement, c'est-à-dire à de grands travaux publics, un tiers de nos ressources.

S'agissant de l'activité de la Principauté, le sentiment spontané est qu'elle est essentiellement tributaire du tourisme. Nous nous réjouissons, bien sûr, de constater l'attrait qu'exerce Monaco dans ce domaine en accueillant quelque 6 millions de visiteurs par an. Mais la réalité, là aussi, contredit ce sentiment si répandu dune vie économique suspendue à la fréquentation touristique. Celle-ci ne représente, en effet, qu'approximativement 10% du chiffre d'affaires de la Principauté, l'essentiel étant constitué pour 40 % d'activités commerciales locales ou de trading international, pour 20 % d'activités bancaires, pour 10 % aussi d'activités industrielles qui sont le fait dune centaine d'entreprises dans le domaine des hautes technologies et à caractère non polluant, le reste relevant de services divers.

Comme on le voit, Monaco, loin de pouvoir aujourd'hui être identifié à une some de survivance d'un temps révolu pour quelques happy few, a toutes les caractéristiques d'un pays à haut développement.

A cet égard, il faut souligner combien la Principauté constitue pour sa région une très importante source d'emplois : alors que la population résidente s'élève à un peu plus de 30.000 personnel, la population active pour sa part atteint 38.000 personnel dont prés de 30.000 résident à l'extérieur de Monaco et viennent chaque jour y travailler en bénéficiant pour elles-mêmes ou pour leur famille de tous les avantages sociaux et des équipements éducatifs, sportifs ou hospitaliers dont disposent les Monégasques eux-mêmes.

Monaco est sans nul doute un petit pays ; mail ce n'est nullement un pent pays recroquevillé sur ce qui a fait son lustre passé pour l'entretenir avec loin comme on le ferait dune piéce de musée. Tout au contraire, à Monaco on voit moderne et on voit grand et c'est cette vision qui a permis d'en faire un Etat hautement développé, recourant volontiers aux techniques de pointe et à des travaux massifs qui lui ont, notamment, permis, par des emprises sur la mer, d'accroître son territoire de plus de 20 % au cours du règne de l'actuel Prince Souverain.

Bien entendu, une telle démonstration, pourtant fondée sur ties faits incontestables, ne peut que susciter des réactions mettant en cause la source de cette prospérité. On en a recueilli récemment un écho qui a suscité l'incompréhension, voire l'indignation dans la Principauté tant il laissait entendre qu'il y aurait une complaisance à l'égard de pratiques délictueuses. Celle-ci s'est, au contraire, donné les moyens de les combattre et n'a cessé d'affirmer sa volonté de les renforcer pour répondre aux exigences du monde actuel.

C'est ainsi que toute activité étrangère est soumise à une autorisation gouvernementale qui n'est donnée qu'après des enquêtes approfondies ; les exemples de refus en Conseil de Gouvernement sont quasi hebdomadaires. Dans le secteur des banques et de la finance, ce sont des contrôles permanents qui sont exercés en faisant appel aussi aux institutions compétentes du grand pays ami et voisin, c'est-à-dire la France. La législation appropriée pour lutter contre le blanchiment de l'argent est tout à fait similaire à celle adoptée dans les principaux Etats développés ; sur certains points, elle va même au-delà et Monaco s'est, par ailleurs, doté d'un service d'information et de contrôle des circuits financiers pour assurer, lorsqu'il y a lieu, la saisie des autorités judiciaires et procéder aux échanges d'informations avec les services étrangers comparables. La Principauté ne s'identifie donc nullement à une zone de laissez faire propice à toutes sortes d'enrichissements pas plus qu'elle ne justifie le qualificatif de « place financière opaque » sauf à penser que la transparence n'existe nulle part.

On voit aussi volontiers en elle un « paradis fiscal » comme si elle s'était employée à mettre en place artificiellement des mécanismes susceptibles d'attirer des capitaux flottants et des fortunes soucieuses d'échapper à la fiscalité de leur pays d'origine alors que c'est en 1869 que les impôts directs ont été supprimés à Monaco, c'est-à-dire à un moment où l'impôt sur le revenu des personnel physiques n'existait nulle part et où il ne pouvait s'agir de concurrencer qui que ce soit. Le maintien de cette situation à notre époque place sans doute la Principauté parmi les pays de fiscalité « douce » ; mais l'impôt n'y est pas absent puisque plus des deux tiers des ressources de l'Etat proviennent de contributions fiscales directes ou indirectes, c'est-à-dire, pour l'essentiel, la T.V.A. et l'impôt sur les bénéfices des activités commerciales, industrielles ou intellectuelles.

Au total, Monaco s'affirme comme un Etat hautement développé et soucieux de participer à sa sphère naturelle, fondamentalement européenne, dans le respect des engagements internationaux visant à lutter contre ces fléaux actuels que constituent la criminalité financière et les flux d'argent sale, sources d'évidentes menaces pour l'équilibre des systèmes financiers. Comment peut-on penser qu'un pent pays aussi étroitement imbriqué dans l'économie de son voisinage puisse s'abstraire des disciplines qu'impose cette lutte - La Principauté est par nature solidaire de son environnement ; elle pest aussi par la volonté de ses dirigeants.

J'en reviens maintenant à ce qui fonde son action extérieure et qui traduit aussi sa condition de pent Etat aux ambitions concentrées sur quelques domaines où sa tradition, son expérience, ses compétences peuvent apporter une plus value à faction internationale.

Une de ses priorités a toujours été constituée par faction humanitaire et le développement social. On l'a vu lorsque, le 26 juin dernier, Son Altesse Sérénissime le Prince Héréditaire de Monaco a signé, en présence du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme, les deux protocoles consacrés respectivement à l'implication d'enfants dans les conflits armés et à la vente, la prostitution et la pornographie mettant en cause des enfants. Ce qui a été fait en marge du Sommet mondial pour le développement social trouvera sa prolongation naturelle lors du Sommet mondial pour les enfants qui aura lieu l'an prochain et dont nous attentions notamment qu'il traite efficacement de la protection des enfants, premières victimes au sein des populations civiles en temps de guerre.

La Principauté s'attache également à apporter sa contribution au développement tant au niveau public qu'à celui des O.N.G., très actives à Monaco où elles trouvent des soutiens particulièrement généreux de la part de tons ceux qui, y vivant, ressentent le devoir moral de contribuer à des actions de solidarité émanant d'un pays qui, par ailleurs, leur assure une existence privilégiée. Nous attendons de la Conférence qui traitera notamment, en mai prochain, de la lutte contre la pauvreté dans les pays les moins avancés et, plus encore, du Sommet sur le développement durable, dit Rio + 10, une relance de la coopération internationale dans ces domaines si essentiels pour l'avenir de l'humanité, coopération dont on peut regretter qu'elle marque quelque peu le pas à l'heure actuelle.

Il va de soi que les questions d'environnement auxquelles Monaco n'a cessé de porter une attention prioritaire, qu'il s'agisse du milieu ambiant ou de l'environnement marin qui la touche au premier chef en tans que pays riverain de la Méditerranée, continueront non seulement d'être suivies mais aussi de susciter des initiatives de notre part dans la ligne de toutes celles que nous avons su promouvoir.

Je ne peux, par ailleurs, que revenir sur la part que la Principauté emend prendre dans toutes les enceintes appropriées au renforcement de la lutte contre ces graves fléaux de notre temps que constituent le terrorisme, le traffic de stupéfiants, la traite des êtres humains, avec les flux financiers illégaux qu'ils engendrent ou entretiennent.

Au moment de conclure, j'exprime le souhait d'avoir pu établir une meilleure perception des réalités monégasques présentes, faites de contrastes : un des plus petits pays de la planète, Monaco en est aussi un des plus développés ; anachronique Bans une vision superficielle, il se révèle en être, dans ses structures économiques, un des plus modernes et des plus dynamiques ; associé à une image ludique ou de divertissement, il est en fait générateur d'emplois bien au-delà de son territoire ; perçu comme une curiosité, il n'en est pas moins un Etat souverain reconnu comme tel ainsi qu'en atteste sa participation aux principales organisations internationales et sachant se faire écouter dans les domaines où sa contribution mérite d'être prise en compte.

Je pourrais poursuivre ces paradoxes. Mais je crois suffisant pour en donner la clef de citer Son Altesse Sérénissime le Prince Rainier III qui, lors de l'inauguration toute récente d'un nouveau et spectaculaire centre de conférences et de culture à Monaco, le Grimaldi Forum, a résumé en une formule éclairante l'inspiration qui n'a cessé de soutenir à travers les siècles sa Dynastie et la Principauté : « Il n'est pas nécessaire d'être territorialement grand pour avoir de grand rêves, ni d'être nombreux pour les réaliser. »

Je vous remercie Monsieur le Président.