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Discours

Intervention de S.A.S. le Prince Souverain lors de la Réunion de Haut Niveau du Secrétaire Général intitulée


S.A.S Le Prince Albert II de Monaco

24 septembre 2007

Video en Français

Messieurs les Co-présidents,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,


L'un des principaux objectifs de cette réunion de haut niveau est incontestablement que les finances publiques et le secteur financier privé ont un rôle clé à jouer dans la promotion du développement durable.

Il y a, me semble-t-il, trois façons principales de répondre au défi du financement posé par le changement climatique dont le coût a été estimé à plus de 200 milliards de dollars par an pour ramener les émissions de CO² au niveau actuel en 2030.

Une part significative de l'investissement envisagé dans le secteur de la génération d'énergie doit être dédiée aux énergies renouvelables, au nucléaire, à l'hydraulique et à des systèmes pour stocker le CO². Des investissements supplémentaires seront nécessaires dans la recherche et le développement de nouvelles technologies. Les budgets publics devront augmenter de manière considérable, mais les sources d'investissements privés devront être également renforcées.

Ceci m'amène au deuxième aspect, à savoir les opportunités de rentabilité pour les individus et les entreprises impliqués dans le combat contre le changement climatique, c'est-à-dire les entrepreneurs et les professionnels du capital investissement.

Un troisième élément du puzzle climatique (directement lié au précédent point) a trait aux rentabilités espérées par les investisseurs qui choisissent des fonds de placement écologiquement et socialement responsables.

De récentes études effectuées par des consultants ont clairement prouvé que les bons rendements proposés par des « fonds éthiques » peuvent dépasser ceux des fonds traditionnels. C'est donc que des pratiques « durables » d'investissement ne sont pas un handicap pour la croissance, ni pour l'entrepreneur, ni pour l'investisseur.

En d'autres termes, l'investissement socialement responsable n'est plus seulement une idée louable, mais il est aussi rentable. En effet, les opportunités sont nombreuses et les facteurs économiques fondamentaux à long terme demeurent de qualité.

C'est une autre raison pour laquelle des initiatives telles que les Principes des Nations Unies pour l'investissement Responsable doivent être plus communément connus et encouragés. L'investissement à long terme doit tenir compte des intérêts les plus larges de ses bénéficiaires.

Ceci étant, il est probable que le réchauffement climatique imposera des changements lents et graduels pour les entreprises et les pratiques en matière d'investissement. Les causes et les conséquences de la dégradation du climat sont globales, et posent la question de savoir comment tenir compte au mieux des intérêts des générations futures.

De ce point de vue, certains experts soutiennent de manière assez convaincante que le réchauffement de la planète est un facteur d'évolution des politiques publiques comme privées de la même ampleur et de la même importance que la globalisation des marchés ou les changements démographiques.

Ceci signifie que la réponse à ce défi doit combiner, d'un côté, la mise en oeuvre de la réglementation et de standards internationaux, de l'autre, l'innovation qui provient avant tout du secteur des affaires en réponse à des incitations économiques.

Je ne peux m'empêcher de mentionner à ce stade un dilemme économique assez évident :
La plupart des technologies « alternatives » sont en effet aujourd'hui plus coûteuses que les technologies existantes. Comme il faudra des années, sinon des décennies, pour que ces technologies deviennent, au moins compétitives, au mieux profitables, les entrepreneurs privés peuvent hésiter à investir massivement dans ces domaines néanmoins prometteurs.

C'est une des raisons pour laquelle des mécanismes tels qu'une taxe carbone ou un système de quotas et d'échanges d'émissions doivent tous deux être considérés, chacun d'entre eux proposant une source de certitude que l'autre n'offre pas.

Il y a deux semaines, la Principauté a accueilli, pour la 51ème année consécutive, le plus important congrès annuel des professionnels de l'assurance et de la réassurance. Il s'agit sans conteste de l'un des secteurs économiques les plus sensibles au changement climatique et à ses implications. Je n'ai donc pas été surpris que l'une des principales recommandations de cette industrie soit que les assureurs et les réassureurs affichent eux-mêmes un bilan carbone neutre.

Quant aux milieux économiques, ils souhaitent sur la question du climat une réponse claire des gouvernements. La plupart des entrepreneurs et investisseurs sont disposés à agir mais ils sont eux aussi en attente d'orientations claires.

Avant la fin de l'année se tiendra à Monaco une conférence de haut niveau sur la finance et le développement durable, à laquelle, entre autres experts, participeront Sir Nicholas STERN et le Prix Nobel d'économie 2006, le Professeur Edmond PHELPS.

Je suis également fier que la Principauté accueille, en février 2008, la dixième session spéciale du Conseil d'administration du PNUE et le Forum ministériel global pour l'environnement.

L'une des ambitions que je nourris pour mon pays est qu'il puisse accueillir dans les meilleures conditions les entrepreneurs et les professionnels de l'investissement impliqués dans la recherche, le développement et la commercialisation de nouvelles technologies en matière d'environnement.

Par ailleurs, des textes de loi récemment votés devraient rendre Monaco encore plus attractif pour des gestionnaires d'actifs qui souhaiteraient y créer et gérer des fonds de placement écologiquement et socialement responsables.

Une dernière, mais très importante, source de financement complémentaire que j'aimerais mentionner est la philanthropie. Je voudrais saluer ici tous ceux qui par leur action forte et généreuse ont su montrer la voie et améliorer ainsi au plan mondial l'action des gouvernements.

Pour ma part, j'ai décidé en juin 2006 de créer ma Fondation, afin d'apporter une contribution à ce défi. Sa mission est d'identifier des projets emblématiques et d'accélérer leur mise en oeuvre pour obtenir, partout où elle intervient, des résultats tangibles en faveur d'une gestion équilibrée et durable des ressources naturelles.

J'aimerais conclure en disant que, plus que jamais, seule la volonté et l'implication de tous les acteurs politiques et économiques, investisseurs, entreprises, gouvernements, permettront de relever le défi que constitue le changement climatique.

Je vous remercie.